AGI !

500 syndicalistes appellent à rejeter le projet de constitution européenne

dimanche 15 mai 2005

Après la publication de l’appel des 500 syndicalistes à voter non au TC€, le collectif national a mis en projet la publication d’une nouvelle liste plus large de 5000 signatures de soutien sur la même base.
Cette liste doit être rendue publique dans 4 jours, mais il manque encore 1400 signatures pouvoir afficher l’objectif symbolique des 5000 (500 fois 10....)
Et il reste maintenant peu de temps pour faire parler des syndicalistes pour le non et pour peser dans le débat.

Les signatures peuvent être faites sur l’adresse mail appel des 500 et en ligne sur le site www.appeldes500.

Voici le texte d’Appel, visible sur le site :

Syndicalistes, nous sommes quotidiennement confrontéEs, en France et en Europe, aux conséquences d’une politique européenne basée sur le seul principe d’une " économie de marché ouverte où la concurrence est libre et non faussée ". C’est ce principe que le projet de traité soumis au référendum entend constitutionnaliser.

En janvier pour défendre les services publics, en février et en mars pour l’emploi, la réduction du temps de travail et les salaires, nous avons fait grève et défilé ensemble pour nos revendications. A Bruxelles le 19 mars, nous avons manifesté pour une Europe du plein emploi, des droits et de la solidarité entre les peuples : défendre la protection sociale et refuser l’incitation à l’allongement de la durée du travail et sa flexibilisation ; refuser que les droits des salariés en activité ou privés d’emploi soient remis en cause, que le chômage et la précarité s’accroissent ; maintenir, partout et pour tous, des services publics. Ces derniers sont confrontés, malgré toutes les déclarations d’intentions sur les Services d’intérêt général, aux directives européennes qui organisent les ouvertures à la concurrence et favorisent ainsi les privatisations. Elles encouragent les délocalisations et le dumping social à l’image du projet de directive de libéralisation des services (Bolkestein).

L’intégration de la Charte des droits fondamentaux, si elle peut apparaître comme un premier pas encourageant pour la prise en compte par l’Union des questions sociales, ne crée cependant pas de droit social européen susceptible de rééquilibrer le droit de la concurrence. Celui-ci restera donc le seul droit de nature communautaire et continuera donc à régir la vie de l’Union. Cette Charte est, d’autre part, problématique sur de nombreux points : elle remplace le droit à l’emploi par le droit de travailler, elle ne reconnaît pas le droit de grève européen et elle refuse l’égalité des droits de ceux qui résident en Europe sans posséder la nationalité d’un État membre, etc.
Syndicalistes, nous savons que nous avons besoin de l’Europe face à la mondialisation libérale et aux firmes transnationales. Il est urgent de lui donner de nouvelles fondations qui l’émancipent du libéralisme financier prédateur, qui la réconcilient avec le progrès social, la paix, la démocratie, le développement soutenable, la coopération entre les peuples de la planète. Nous sommes des partisans résolus d’une Europe mobilisée contre le chômage, la précarité et la dégradation du cadre de vie. Il faut renforcer les garanties sociales, développer et coordonner des politiques économiques favorisant l’emploi et harmoniser les fiscalités, promouvoir une Europe des Services publics pour faire pendant à la libre concurrence. Il faut mettre en oeuvre un développement économique respectueux des équilibres écologiques et enfin reconnaître l’égalité et les droits pour les femmes autant que pour tous. Nous aspirons à une Europe démocratique, fondée sur la citoyenneté pleine et entière de tous ses résidents.

Nous sommes convaincus que le rejet du projet de traité constitutionnel est aujourd’hui la condition pour que cette Europe voie le jour. Ce rejet donnerait un nouveau souffle à tous ceux qui veulent construire une société plus juste et plus solidaire. C’est pourquoi nous appelons à rejeter le projet de traité constitutionnel.

SUITES ...

COMMUNIQUE DE PRESSE du 23 mai 2005

Constitution : 6000 pour un NON syndical

Près de 6 000 syndicalistes membres de la CGT, de Solidaires, de la FSU, de l’UNEF, de la Confédération Paysanne mais aussi de l’UNSA et de la CFDT se sont clairement prononcés pour un rejet ferme du traité constitutionnel. Reprenant l’appel lancé en ce sens il y a 3 semaines par 500 responsables syndicaux, ils le font dans le droit fil des prises de position de leurs organisations syndicales.
Pour eux, le vote du 29 mai s’inscrit très naturellement dans la poursuite de leurs mobilisations contre les politiques libérales que le traité entend "constitutionnaliser" : grève reconductible de 2003 contre la « réforme » des retraites, mobilisations unitaires de 2004 contre la « réforme » de la sécurité sociale, grèves dans les services publics depuis plusieurs années contre les « ouvertures à la concurrence », les privatisations et autres externalisations, mobilisations unitaires dans l’éducation pour une école de la réussite pour tous, dans l’enseignement et la Recherche contre la Loi d’Orientation pour la Recherche et l’Innovation... Et ces derniers mois, mobilisations massives et unitaires du 5 février et du 10 mars contre l’augmentation du temps de travail et la baisse des salaires. Enfin, le 16 mai contre l’instauration d’un jour de travail gratuit.

Ils savent que le combat sera infiniment plus dur si le 29 mai les salariés, les chômeurs, les jeunes et les retraités reçoivent un nouveau coup sur la tête mais aussi « dans leur tête ». Car c’est bien de cela qu’il s’agit ! Ces politiques, inscrites dans les différents traités et qui s’imposent depuis des années, ils les ont massivement refusées lors de manifestations internationales à l’appel des forums sociaux européens mais aussi de la Confédération Européenne des Syndicats à Gènes, Barcelone ou Bruxelles le 19 mars 2005... Et on leur demanderait aujourd’hui de les avaliser !

Nous sommes très heureux de voir, à l’occasion de ce référendum, le débat européen se mener au plus près du terrain. Car il va falloir continuer, encore, pour construire l’Europe sociale, démocratique, politique, culturelle et humaine que nous voulons. Cette Europe que tous les forums sociaux européens, de très nombreux syndicats en France et en Europe savent indispensable pour qu’existent enfin à l’échelle de ce nouveau territoire une fiscalité, des droits sociaux, des services publics...
Le repli hexagonal n’est pas notre horizon. Nous n’avons peur ni des travailleurs roumains, ni des lettons, ni même des chinois. Nous sommes tous embarqués dans la même galère et nous entendons bien ramer ensemble contre les méfaits du libéralisme.

Qui peut douter qu’une victoire du Oui le 29 mai serait vécue comme la confirmation qu’aucune autre politique que celle menée depuis 25 ans par les libéraux n’est possible ? Tandis qu’une victoire du Non sera un encouragement et un nouveau souffle peut-être décisif pour tous ceux qui se battent et veulent aller de l’avant.

Voilà pourquoi nous appelons les syndicalistes et tous les salariés à s’engager le 29 mai prochain en rejetant massivement le projet de constitution.

Jean-Michel Drevon (responsable FSU), Pierre Khalfa (responsable Solidaires), Christian Pilichowski (responsable CGT)


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