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Défense européenne

Premier exercice réussi pour la Force de gendarmerie européenne

LE MONDE le 17.06.05
mercredi 22 juin 2005 par AL

Avec AFP

La Force de gendarmerie européenne (FGE) a bouclé, vendredi 17 juin, son premier exercice grandeur nature à Saint-Astier (Dordogne), passant ce test "avec succès", selon la ministre de la défense, Michèle Alliot-Marie.

Pendant trois jours, de mercredi à vendredi, la FGE a réalisé un exercice d’état-major en grandeur nature avec une soixantaine de personnes au Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie. Le thème de l’exercice était une intervention en Astéria, un pays en butte à la sécession d’une de ses provinces, la Transdonnia, devenue un refuge de la criminalité organisée.

Pour la ministre de la défense, cet exercice a démontré que la FGE "était une nouvelle preuve de la vitalité de la défense européenne au moment où certaines interrogations pèsent sur la construction européenne". "Les difficultés actuelles de la ratification du traité constitutionnel, a ajouté la ministre, n’enlèvent rien à ma détermination ni à mon ambition pour l’Europe de la défense", qui, a-t-elle assuré, est le secteur de l’UE qui a le "plus progressé depuis trois ans".

Mme Alliot-Marie a, par ailleurs, assisté à un exercice de maintien de l’ordre dans une petite ville reconstituée, avec ses maisons, ses immeubles et ses façades de magasins, ainsi que ses voitures calcinées, sur le site de la gendarmerie de Saint-Astier. Deux escadrons de gendarmes mobiles français (150 hommes) ont tenté de rétablir l’ordre face à des "émeutiers" déchaînés par l’arrestation d’un des leurs. Les "émeutiers" - des gendarmes auxiliaires casqués et armés de bâtons - ont lancé des pavés en caoutchouc sur leurs collègues, tandis que ceux-ci reculaient en bon ordre en lançant des grenades d’exercice. La présence de la ministre de la défense, du directeur général de la gendarmerie, le général Guy Parayre, et d’observateurs étrangers interdisait l’usage - habituel à Saint-Astier - de cocktails Molotov et autres grenades lacrymogènes ou assourdissantes.

UNE INITIATIVE FRANÇAISE, RAPIDEMENT CONCRÉTISÉE

L’idée de créer la FGE est née il y a neuf mois, le 17 septembre 2004, à Noorwijk (Pays-Bas). Cinq ministres européens de la défense décidaient, à l’initiative de la France, de créer la FGE à partir de cinq forces de police à statut militaire : l’armée des carabiniers italiens, la Garde nationale républicaine portugaise, la Garde civile espagnole, la gendarmerie française et la Maréchaussée royale des Pays-Bas. Mme Alliot-Marie s’est félicitée, vendredi, du délai "exceptionnellement court" de la mise en place de la FGE.

Cette force européenne, qui pourra intervenir à l’extérieur de l’Union européenne pour permettre le retour à la normale dans des pays touchés par la guerre ou par une grave crise intérieure, s’est rapidement dotée d’un état-major permanent basé à Vicenza (Italie). Composé de trente officiers et sous-officiers des cinq pays, il est commandé par un carabinier, le colonel Giovanni Barbano.

Elle a également constitué une force de réaction rapide, l’Eurogendfor,
 [1] commandée par le général français Gérard Deanaz, capable de déployer 800 hommes dans un délai de trente jours pour assurer des missions de maintien de l’ordre et de police judiciaire afin de lutter contre la criminalité organisée ou le terrorisme dans un pays.

[1L’Eurogendfor, dont la langue de travail est l’anglais, a choisi une devise latine : "Lex pacificerat" ("Que la loi pacifie").


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