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LE MONDE 24.06.05

Quand M. Seillière se dépeint en "socialiste anglais"

samedi 25 juin 2005 par AL

Ernest-Antoine Seillière prendra la tête de l’Unice, le patronat européen, le 1er juillet. Au moment même où le Royaume-Uni, emmené par Tony Blair, s’installera à la présidence de l’Union européenne.

La coïncidence n’est pas pour déplaire à M. Seillière, qui avait invité la presse, jeudi 23 juin, à un cocktail de départ. S’apprêtant à quitter l’avenue Bosquet, à Paris, siège de la présidence du Medef, pour gagner l’avenue de Cortenbergh, à Bruxelles, M. Seillière s’est refusé à parler de crise de la construction européenne. Au contraire. "La situation actuelle est de nature à régénérer cette construction", s’est-il félicité. Saluant la volonté de M. Blair de "moderniser" le modèle social européen, M. Seillière s’est exclamé : "Une certaine forme de lucidité est en train de s’imposer."

Alors, Ernest-Antoine Seillière à l’Unice, soutien de choc de Tony Blair à Bruxelles ? La question a fait rire le président du Medef. "Moi, je suis un socialiste anglais !", s’est-il amusé.

Auparavant, M. Seillière avait fait un bilan de ses mandats. Il a dit avoir connu "un gouvernement Jospin pas franchement favorable à l’entreprise", puis un gouvernement Raffarin dont il "n’a pas trouvé qu’il avait fait preuve d’énormément de vivacité et d’audace". "Le rôle du président du Medef n’a pas été facile", a soupiré M. Seillière. Avant de se réconforter : "Tout ce que nous avons fait commence à lever. J’ai été frappé de voir le ministre de l’économie, Thierry Breton, reprendre mot pour mot Carte sur tables -la radiographie de l’économie française que réalise chaque année le Medef-".

M. Seillière a, pour la première fois, rendu public son soutien à Laurence Parisot, l’un des trois candidats en lice pour sa succession. "Si d’aventure le corps électoral désignait une jeune femme quadragénaire à la tête de deux PME dont une qui fabrique des portes de placard et l’autre qui s’occupe de communication, je dirais quand même qu’on aura changé quelque chose. Ce serait un symbole de modernité, d’audace. Ce serait tout à fait réussi comme changement de ton", a-t-il déclaré.

Très en verve, le président du Medef a imité le roi des Belges. Et rappelé la réaction de François Michelin découvrant le nouvel acronyme patronal destiné à remplacer un CNPF jugé trop vieillot : "Medef ? On dirait le bruit d’un pneu qui se dégonfle".

Caroline Monnot


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