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Réforme de la Sécu : souffle d’entente cordiale entre la majorité et le PS

mercredi 14 avril 2004 par Alain

Les socialistes ne sont plus hostiles à une collaboration, mais posent leurs conditions.

Par François WENZ-DUMAS

jeudi 08 avril 2004 (Liberation - 00:00)
Vers un consensus droite-gauche pour réformer l’assurance maladie ? On n’en est pas là, en dépit des appels du pied de Jean-Pierre Raffarin. Mais l’heure n’est plus aux anathèmes de campagne électorale. Lundi, dans son discours de politique générale, le Premier ministre a souhaité « associer l’opposition » à cette réforme. Les socialistes n’ont pas vraiment dit non. Répondant à Raffarin, François Hollande a simplement rappelé les quatre principes auxquels les socialistes étaient attachés : « La solidarité à travers un même niveau de prise en charge pour tous », « la qualité » des prestations, « l’égalité dans l’accès aux soins » et « la justice dans le financement ». Cette attitude de l’opposition « réjouit » Jean-Michel Dubernard, président (UMP) de la commission des affaires sociales de l’Assemblée, qui voulait croire mardi qu’« en posant certaines conditions, le Parti socialiste indique qu’il ne décline pas l’offre a priori ».

De fait, les socialistes peuvent se permettre de changer de stratégie : sur la sécurité-sociale, la victoire électorale du 28 mars leur donne une marge de manoeuvre beaucoup plus grande que sur les retraites. L’an dernier, sous le coup du 21 avril 2002, ils avaient hésité entre la critique constructive et le rejet pur et simple de la réforme Fillon. L’ampleur des manifestations et l’impopularité du gouvernement les avaient conduit à privilégier la démarche de rejet pour fédérer les mécontents.

Aujourd’hui, le PS n’a plus à prouver qu’il est la principale force d’opposition. Il ne craint plus, comme sur les retraites, d’être entraîné dans une surenchère à gauche, face au PCF et aux trotskistes. Et il peut se permettre de se poser en parti de gouvernement responsable sans être accusé de pactiser avec la droite. Après Hollande lundi, Jean-Marie Le Guen - seul parlementaire socialiste siégeant au haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (1) - a demandé hier, dans un entretien aux Echos, au ministre de la Santé, Philippe Douste Blazy, de « mettre en place à l’Assemblée, dès le début du mois de mai, les conditions d’un échange projet contre projet ».

Il propose donc d’ouvrir, dans le cadre d’une commission de l’Assemblée largement ouverte, un débat public sur les trois questions soulevées par le rapport remis fin janvier par le président du haut conseil, Bertrand Fragonard : la « régulation du système de soins », la « gouvernance » et le « financement » de l’assurance maladie. Cette perche pourrait être saisie par le gouvernement pour tenter de trouver, à défaut d’un consensus sur le fond, un accord de méthode avec l’opposition sur la façon de mener le débat. Avec la promesse faite jeudi par Jacques Chirac de renoncer aux ordonnances, l’exécutif s’est en effet engagé à ne pas passer en force.

(1) Sur 53 membres, le conseil compte 3 députés (2 UMP, 1 PS) et 3 sénateurs (2 UMP, 1 UDF).


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