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Les dockers d’Europe en colère contre un projet de directive européenne

lundi 16 janvier 2006 par AL

Une dépèche de l’AFP, on en pense ce qu’on veut ...
la dépèche

Plusieurs milliers de dockers d’Europe ont manifesté violemment lundi, devant le Parlement européen de Strasbourg, leur refus d’un projet de directive libéralisant les services portuaires, tandis qu’une grève affectait de nombreux ports européens.

Au moins douze policiers ont été blessés, dont un sérieusement, lors des incidents ayant émaillé la fin de la manifestation, et treize manifestants ont été interpellés, selon la préfecture du Bas-Rhin.

Le bâtiment du Parlement a pour sa part subi des "dégâts assez considérables", selon un porte-parole du Parlement qui a fait notamment état de 100 mètres carrés de vitres brisées.

Le projet de directive européenne qui sera examiné à partir de mardi avant d’être soumis mercredi au vote des eurodéputés reprend notamment le principe combattu par les dockers d’autoriser les armateurs à charger ou décharger eux-mêmes leurs navires (auto-assistance). Il y a cependant de fortes chances que les eurodéputés rejettent le texte.

D’importantes délégations des principaux ports d’Espagne, de France, de Belgique, d’Allemagne et de Pologne, entre autres, avaient fait le déplacement à Strasbourg.

A grand renfort de pétards, fusées, fumigènes et feux de bengale, un cortège de 5.000 à 5.500 dockers, selon la police, 10.000 selon certains organisateurs, est arrivé vers 15H00 locales (14H00 GMT) devant Parlement européen où les forces de police ont fini par disperser les manifestants avec un canon à eau et des gaz lacrymogènes.

Des incidents avaient émaillé la manifestation dès son départ, peu après 13H00, de la place de l’Etoile : bouteilles de bière, fumigènes et autres projectiles ont fusé par endroits contre les forces de l’ordre, qui ont répliqué par des jets de grenades lacrymogènes.

Les syndicats, comme la Fédération française des ports et docks CGT, voient dans le projet de loi européenne une "nouvelle tentative de déréglementation sociale de l’ensemble des métiers portuaires".

Le texte "pourrait menacer les conditions de travail des dockers dans les ports et même les conduire à perdre leur emploi", a dénoncé la Fédération européenne des travailleurs des transports (ETF).

"C’est pour l’avenir qu’on est là. Il faut abroger cette loi", réclamait Thierry Recher, un docker français du Havre.

"Les ports industriels sont un des derniers bastions d’Europe où les syndicalistes se défendent encore. Les armateurs, eux, ne s’intéressent pas à l’emploi ni à la sécurité, ils veulent simplement amasser de l’argent", commentait Jörg Wessels, un docker allemand du port de Hambourg.

Les ports européens ont été affectés à des degrés divers par la grève.

En Belgique, le mouvement a été puissant tant à Anvers, deuxième port européen après Rotterdam, qu’à Zeebrugge.

Dans les douze ports de Grèce, le mouvement a également été fortement suivi.

En France aussi, le fonctionnement des principaux ports a été très perturbé. A Marseille, l’activité du port autonome (PAM) était paralysée et une dizaine de navires bloqués à quai.

Dans les ports de l’ouest, l’activité était totalement ou en grande partie arrêtée. Au Havre, deuxième port français, la grève a été suivie par la totalité des 2.000 dockers et la majorité des 1.500 agents du port autonome. Au nord, à Dunkerque, le blocage n’était que partiel.

Dans d’autres pays, la grève n’a duré que quelques heures.

En Europe du Nord, quelque 1.500 membres du syndicat des dockers suédois ont débrayé pendant quatre heures lundi. A Copenhague, principal port du Danemark, ils étaient 1.300.

Des débrayages ont également affecté aux Pays-Bas Rotterdam, premier port européen, Amsterdam et Flessingue (sud-ouest).


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