AGI !

Le Cpe est fait, non pas pour faire reculer le chômage de masse, mais pour son contraire !

Le Cpe ne créera aucun emploi... d’ailleurs ce n’est pas le vrai but de M. de Villepin. par Gérard Filoche
vendredi 27 janvier 2006 par AL

Mercredi 25 janvier 2006

Article publié dans legrand soir

Le Cne n’a créé et ne créera aucun emploi nouveau , de plus.

Tous les emplois signés en Cne l’auraient été sans Cne... Un patron embauche quand il en a besoin. Pas à cause du Cne. Ou du Cpe.

Mais si, en plus, on lui propose un contrat aux droits allégés , il prend, bien sûr...

Villepin joue sur les plus mauvais sentiments des patrons : « -Quant à embaucher, autant embaucher quelqu’un que je puisse virer facilement et qui, de ce fait soit, à ma merci, et ne fasse pas des ennuis en défendant ses droits et son niveau de salaire ! En plus je vais avoir des exonérations...  »

M. de Villepin ne cherche pas à réduire le chômage :celui-ci se réduit et se réduira mécaniquement, par des départs en retraite massifs, prévus depuis longtemps. (d’ailleurs freinés par les « décotes » de la loi Fillon.)

Ce que M. de Villepin est en train de faire, c’est de réduire le rythme mécanique de baisse du chômage de façon à ce qu’il ne se traduise pas par un afflux d’embauches et des revendications salariales ! Donc il limite les départs en retraite et il limite les droits de ceux qui vont prendre la place des partants, à commencer par les jeunes !

Villepin instaure une pratique systématiquement, juridiquement discriminatoire :

- pour les petites entreprises, là où il n’y a pas de défense syndicale.

- pour les jeunes car il y a 23 % de taux de chômage.

C’ est la même démarche discriminatoire anti-jeune que celle qui consistait à ne pas compter dans les effectifs des entreprises pour les seuils sociaux des jeunes de moins de 26 ans... Le but est que leur embauche ne se traduise pas par des droits syndicaux (ou en « Irp » : institutions représentatives du personnel) nouveaux.

Le Cpe est fait, non pas pour faire reculer le chômage de masse, mais pour son contraire : en faciliter le maintien à un niveau suffisamment élevé pour que cela n’encourage pas les revendications salariales ! Il garantit le maintien du chantage à l’emploi, la menace du licenciement facilité !

Avec le Cne, le Cpe, la limitation des seuils sociaux, la baisse des droits du travail (ré écriture du Code, démantèlement de l’inspection du travail) il s’agit d’imposer que la baisse du chômage ne soit que relative, et que la pression qu’il exerce contre l’augmentation des salaires reste forte.

Cela paraît paradoxal , car c’est a contrario de son discours officiel, mais Villepin ne prend que des mesures qui visent à maintenir le seuil de chômage à un niveau élevé alors que celui-ci devrait mécaniquement se réduire.

- Sinon pourquoi supprimerait il tant de postes de fonctionnaires, si nécessaires et si productifs en biens sociaux collectifs politiquement utiles, (banlieues, hôpitaux, école, équipement, travailleurs sociaux, associations, etc...)

- Sinon pourquoi laisserait-il tant d’entreprises licencier abusivement pour des raisons purement boursières, pourquoi laisseraient il les délocalisations se faire et pourquoi laisserait-il la directive Bolkestein passer ?

- Sinon pourquoi rallongerait-il tant les durées du travail ce revient à qui faire travailler deux fois ceux qui ont un travail à la place de ceux qui n’en ont pas ?

- Sinon pourquoi limiterait-il de toutes ses forces les départs en retraite ?

Villepin vient en effet :

- d’inventer les « contrats vieux », soit deux Cdd de 18 mois entre 57 et 60 ans.

- Il veut permettre le cumul emploi-retraite !

- Il veut permettre le cumul d’un emploi et d’un interim.

- Il prévoit des « temps partiel cumulés avec moitié de retraite » ,

- Il a porté l’âge du départ à la retraite à 67 ans pour les fonctionnaires,

- Il envisage d’imposer 40 puis 41 puis 42 annuités de travail avant la retraite,

- Il n’a pas relancé les « emplois jeunes » massifs comme entre 1997 et 2000.

Tout cela empêche un afflux de jeunes vers l’emploi !

Et le Cpe sert à mettre des conditions à ceux des jeunes qui trouveraient quand même un emploi : pas question qu’il puisse s’accompagner de conditions "normales" en salaires, qualification, droits...

Le but n’est donc pas de créer de l’emploi, mais il est de vulnérabiliser la partie de la main d’oeuvre qui va trouver du travail, en dépit de tous les obstacles mis par M. de Villepin, ce, afin qu’elle coûte moins cher ! Le Cpe est, en soi, une pression sur les salaires, contre les syndicats, contre les droits, les conventions collectives, etc...

Il n’y a pas que le Cpe comme régression, c’est toute une politique contre le Code du travail :

Dans le silence général, depuis huit mois, le Ministre Larcher essaie, à marche forcée d’entraîner les syndicats dans une ré ecriture du Code du travail afin de répondre aux exigences du Medef de Mme Parisot de le "moderniser" de le "simplifier", de "l’assouplir"...

C’ est une tentative, sans précédent, de revenir en arrière et d’annuler des décennies de droits conquis par les salariés afin de recevoir des contre-parties décentes pour leur force de travail, leurs salaires, leurs durées du travail, leur santé.

Pour Mme Parisot, "la liberté s’arrête là où commence le Code du travail" et "La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail ne le serait-il pas ?" .

Tout progrès humain, depuis l’aube des temps a été obtenu en luttant contre la précarité, la concurrence et la guerre. Il s’agit d’une apologie perverse de la barbarie, d’une volonté de retour vers le non droit, vers l’exploitation sauvage des salariés.

Le gouvernement Villepin veut mettre les bouchées doubles et faire voter le "nouveau code du travail" au mois de mai par ordonnances, entre temps, il aura démantelé l’inspection du travail comme cela a été demandé à un rapport en cours de finition qui sera rendu public avant fin février.

Non seulement il y aura le Cne, le Cpe, mais le Cdi sera frontalement déconstruit : le Medef demande

- que tous les contrats commencent par un Cde-Cpe pour l’ensemble des entreprises quel que soit l‘âge du salarié,

- il demande qu’il n’y ait plus de loi sociale sans accord préalable des partenaires sociaux (donc du patronat),

- il demande que la fixation du salaire minimum “sorte du champ politique” et soit confiée à une commission indépendante, que ledit salaire minimum soit annualisé et non plus mensualisé,

- il demande qu’il n’y ait plus de durée légale du travail fixe.

- Il prévoit le cumul possible de retraites et d’un autre emploi, le cumul d’un emploi à temps partiel et d’un interim (double peine double travail pour avoir un salaire suffisant pour vivre.),

- il prévoit le marchandage (louage de bras par une entreprise à une autre),

- d’institutionnaliser des “stages” de plus de trois mois avec une “indemnité” et non pas un salaire,

- de garantir les employeurs contre les jurisprudences,

- de supprimer les élections nationales pour les prud’hommes (déjà reportées de 2007 à 2008 sans protestation suffisante),

- de confirmer l’allongement des délais entre chaque élection du personnel (elles sont passées de tous les ans à tous les deux ans sous Balladur et tous les quatre ans sous Villepin-Larcher.),

- de réduire la représentation des personnels (les moins de 26 ans ne comptent pas dans les effectifs.) , etc...

Gérard Filoche


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 774 / 74587

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Actions  Suivre la vie du site Pour une convergence des luttes   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.16 + AHUNTSIC

Creative Commons License