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France : offensive mardi contre le CPE à l’Assemblée et dans la rue

AFP, le 6 février 2006
mardi 7 février 2006

Syndicats et étudiants appellent à manifester dans 150 villes de France contre le contrat première embauche, le CPE, mardi, journée test au moment où Dominique de Villepin défendra à l’Assemblée un projet qu’il présente comme "le plus social" jamais élaboré "pour les jeunes".

l’article

Grâce à la bataille de procédure engagée par les députés de gauche, soutenus par l’UDF, l’examen de l’amendement créant le CPE a été retardé jusqu’à mardi, pour coïncider avec l’appel à la mobilisation des syndicats de salariés, de lycéens et d’étudiants.

Selon le décompte de la CGT, près de 150 défilés sont prévus partout en France, avec un seul mot d’ordre : "Retrait du CPE !"

A Paris, la manifestation partira à 14H00 de la place de la Bastille (XIIe arrondissement), pour rejoindre Richelieu-Drouot (IIe arrondissement).

Aucune perturbation dans les transports publics n’est cependant à prévoir, les syndicats n’ayant pas lancé d’appel national à la grève, hormis SUD Rail.

Depuis l’annonce de sa création le 16 janvier, le gouvernement et l’UMP d’un côté, la gauche et les syndicats de l’autre, s’affrontent vivement sur ce nouveau contrat de travail à durée indéterminée (CDI), destiné aux jeunes de moins de 26 ans dans les entreprises de plus de 20 salariés.

Pour ses détracteurs, sa principale caractéristique — une période de deux ans au cours de laquelle l’employeur peut licencier sans justification son salarié— va "institutionnaliser la précarité des jeunes".

Après le très controversé contrat nouvelles embauches (CNE, entreprises de moins de 20 salariés), ils estiment, à l’instar de François Hollande, que le CPE "ouvre la porte au démantèlement général du code du travail".

Face à ces critiques, Dominique de Villepin a multiplié les interventions pour défendre le "projet le plus social" jamais élaboré "pour les jeunes". Le Premier ministre est déterminé à ne reculer ni sur le contenu du projet, ni sur le calendrier, voulant "aller jusqu’au bout de l’examen" du texte d’ici à la fin de "cette semaine".

Mais si une majorité de Français a semblé retenir dans un premier temps que le CPE pourrait faire baisser le chômage des jeunes, l’opinion publique paraît désormais sensible aux arguments des syndicats.

Selon un sondage LH2 pour Libération publié lundi, 52% des Français se disent "contre" le CPE et 61% jugent les manifestations de mardi "justifiées".

Un nouveau sondage CSA pour L’Humanité à paraître mardi a confirmé cette tendance, 54% estimant que le CPE est une "mauvaise chose" pour "les salariés".

Dans ce contexte, la mobilisation mardi aura valeur de test, après les tours de chauffe du 31 janvier (à l’appel de la CGT) et du 2 février (fonctionnaires).

Par ailleurs, 67% des Français estiment que la mobilisation de mardi contre le contrat première embauche est "justifiée", contre 31% d’un avis contraire, et 60% pensent que le CPE va augmenter la précarité des jeunes, selon un sondage BVA pour BFM et Les Echos publié mardi.

Le pourcentage des Français favorables aux manifestations de mardi monte à 84% chez les sympathisants de gauche. Il est de 37% chez ceux de droite.

D’autre part, 60% des personnes interrogées pensent que le CPE va augmenter le nombre de jeunes en situation précaire, contre 35% qui estiment qu’il y en aura moins. Le pourcentage est de 64% chez les jeunes de 15 à 24 ans, et atteint 75% chez les sympathisants de gauche.

Les syndicats, qui ont réuni entre 500.000 et 1 million de manifestants lors de la dernière mobilisation interprofessionnelle du 4 octobre 2005 (avec appels à la grève), se sont gardés d’afficher un quelconque objectif.

Depuis dix jours, les syndicats lycéens et étudiants ont multiplié les assemblées générales, pour essayer de mobiliser des jeunes parfois résignés, et malgré un calendrier difficile, entre partiels et vacances scolaires.

"Il a fallu plusieurs semaines pour parvenir à mobiliser contre le CIP (+Smic-jeunes+) et le retrait du texte est intervenu deux mois et demi après le vote à l’Assemblée", souligne le président de l’Unef, Bruno Julliard, dans un entretien aux Echos.

"Le 7 février n’est qu’une étape", a prévenu le numéro un de la CGT Bernard Thibault.


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