AGI !
10h56

La journée de solidarité loin de remplir les caisses

Par Bénédicte REY
lundi 5 juin 2006

PARIS (AFP) - La journée de solidarité, destinée à financer une meilleure prise en charge des personnes dépendantes, a entraîné des bénéfices "incalculables" selon le gouvernement, mais les retombées sont encore largement "insuffisantes" pour les responsables des maisons de retraite.

Après la canicule de 2003, le gouvernement a instauré une journée — initialement fixée au lundi de Pentecôte et désormais prise à la carte — travaillée mais non rémunérée, afin de dégager 2 milliards d’euros par an.

Le Premier ministre, Dominique de Villepin, a récemment souligné les bénéfices "incalculables", "dans le sens humain et au sens de la solidarité", que permet cette journée.

Mais sur le terrain, les professionnels estiment que ces fonds sont largement "insuffisants" pour combler le retard en matière d’aide aux personnes âgées fragilisées, accumulé depuis 30 ans.

Les sommes dégagées par la journée de solidarité n’ont "pas été intégralement consacrées" à l’objectif de prise en charge des personnes âgées dépendantes, a déploré lundi sur RMC Info Pascal Champvert, président de l’Adehpa (maisons de retraite), qui reproche au gouvernement de n’avoir pas tenu à cet égard ses engagements. Il y a eu des "vices de fabrication" dans cette mesure, qui a servi à "financer des décisions qui avaient été prises antérieurement", comme le plan pour les personnes handicapées jeunes ou le financement de l’Aide personnalisée à l’autonomie (APA), a-t-il dénoncé.

Sur les 2 milliards d’euros, gérés par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), 1,2 md EUR sont consacrés aux personnes âgées, dont 400 millions pour aider les départements à financer l’APA et 800 millions pour financer les établissements de prise en charge des personnes âgées. Le solde est consacré à l’aide aux handicapés. De plus, la création de la CNSA s’est accompagnée de "pertes de crédits dues à des désengagements parfois importants de la Sécurité sociale ou de l’Etat", a-t-il affirmé.

Au total, sur une journée travaillée en plus, seule "une demi-heure" serait consacrée à augmenter le nombre de personnel dans les établissements et les services à domicile", selon M. Champvert.

La Cour des comptes a d’ailleurs épinglé le système en novembre dernier, estimant que la création de la CNSA avait "ajouté un élément de complexité supplémentaire" au financement de la prise en charge des personnes âgées. "La journée de solidarité a permis d’augmenter le taux de création de places dans les établissements", nuance Muriel Jamot de la Fédération des hôpitaux de France (FHF), qui représente des établissements publics gérant 280.000 places. "Mais, 1,2 md EUR supplémentaires, c’est insuffisant, car le retard à rattraper reste considérable", estime-t-elle.

Fin mai, le Premier ministre a lancé un nouveau plan quinquennal "grand âge dépendance", axé sur la recherche, les soins à domicile, les soins en hôpitaux et les maisons de retraite. Dominique de Villepin a ainsi annoncé le doublement du nombre de places d’hospitalisation à domicile pour les personnes âgées, à 15.000 en 2010 et la création de 5.000 places par an d’ici 2012 dans les maisons de retraite.

Ce nouvel effort a été accueilli positivement, mais avec prudence par les professionnels du secteur, qui s’inquiètent de sa "concrétisation" à 12 mois des présidentielles.


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 475 / 74587

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Actions   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.16 + AHUNTSIC

Creative Commons License