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Athènes : déclaration de la coordination des assemblées générales et des occupations des étudiants

mercredi 7 juin 2006

Aujourd’hui a eu lieu une manifestation de 8000 étudiants qui sont descendus dans la rue massivement et de manière revendicative contre les réformes du ministère de l’éducation à l’appel de plus de 80 assemblées générales et occupations étudiantes. La manifestation a été suivie de la coordination nationale des AG et des occupations universitaires qui s’est close sur le texte suivant :

Nous nous trouvons dans une période pendant la quelle le gouvernement de droite, avec l’accord tacite du PASOK (PS grec) et dans le cadre des directions de l’UE, renforce l’attaque contre les droits des travailleurs et de la jeunesse. Un des aspects de l’attaque est la tentative de remise en cause de la journée de travail de huit heures, du revenu populaire et des acquis des travailleurs dans le service public et finalement rendre de plus en plus flexible le travail. L’autre est la tentative de freiner les espérances de la jeunesse en vue d’un travail stable et permanent, c’est à dire contraindre les jeunes à la précarité ; en d’autres termes c’est un coup porté aux règles d’intégration du monde du travail. C’est dans ce cadre que nous devons percevoir les changements dans l’éducation supérieure. L’attaque du gouvernement consiste en trois axes :

- Le changement qu’apporte la loi consiste à un nouveau cadre de fonctionnement des universités grecques, qui rend plus autoritaire le cadre institutionnel de fonctionnement et plus globalement une attaque qui se situe dans le prisme d’un fonctionnement plus rentable de l’université, avec l’adoption des propositions de la commission des sages, qui consiste à virer des étudiants suite à n+2 années d’inscription ou après la troisième fois qui ne valideront un enseignement ; La remise en cause du droit d’asile et du droit aux ouvrages gratuits, le changement de la représentation étudiante dans les instances d’administration, la remise en cause des fonds sociales, et l’intégration des managers dans les facs.

- La révision de l’article 16 de la constitution qui permet l’instauration d’universités non publiques - privés, et la reconnaissance de tout genre d’écoles privées.

- L’application de lois déjà votées sur la « formation continue », la « reconnaissance des diplômes étrangers », le « LMD », l’ « évaluation des universités », les crédits, et le certificat d’études qui tente de faire accepter le modèle de la formation à vie, qui ne valident aucun droit au travail, la reconnaissance des bachelor de 3 ans obtenus dans des pays étrangers de manière à ce que les diplômes soient dévalués, et aussi l’introduction d’ECTS dans le programme d’études dans le but de morceler le caractère unifié des diplômes en les « individualisant ».

Avec ces reformes institutionnelles le ministère de l’éducation et le gouvernement essayent de :

- Faire émerger un nouveau modèle du salarié pas cher et flexible, qui sera en même temps discipliné et productif, c’est-à-dire d’un salarie qui ne coûtera pas cher, ne réclamera pas l’amélioration des conditions de vie et de travail, et sera complètement intégré aux normes du marché et de la concurrence des entreprises. Ce processus se réalise tant à travers la déqualification des diplômes-produite par leur déconnection du droit au travail et de la profession, que par l’intensification des études et la disciplinisation des étudiants et des salaries de demain, mais aussi par un étouffement répressif des mouvements étudiants afin d’essayer de vaincre les résistances qu’ils opposent et les obstacles qu’ils posent aux réformes réactionnaires de l’éducation.

- Imposer le fonctionnement de l’université avec des critères prives et économiques, et remettre en cause le caractère public et gratuit de l’éducation et l’intégration des fractures de classe.

Tous ces derniers sont mis en place avec l’institution des mécanismes d’évaluation-validation -formation continue. Face au monologue gouvernemental des dernières deux ans, qui vise à appliquer toutes les réformes réactionnaires sans prendre en compte les réactions des étudiants, le mouvement étudiant fait désormais le choix du conflit inconditionnel avec la politique du ministère, mais aussi avec le consensus de l’opposition du Pasok. Le développement de la lutte et la continuation des occupations sont notre réponse au chantage du ministère et du gouvernement : notre objectif n’est autre que la révocation totale de ces mesures. Nous exigeons :

- Que le projet de loi sur la réforme de l’éducation supérieure ne soit jamais déposé à l’Assemblée Nationale

- Aucune révision de l’article 16 de la Constitution (qui interdit les universités non-publiques) ne soit pas révisé

- Abrogation totale et immédiate toutes les lois sur l’évaluation des Universités etc. (cf. réforme LMD) - Non à la casse des diplômes et l’abolition du droit au travail pour les jeunes

Nous luttons pour :

- Des titres universitaires unifiés donnant le droit au travail à tous les jeunes, sans morcellement et sectorisations.

- Le droit à un travail stable pour tous, pour des salaires dignes et pour le droit à la sécurité sociale pour tous. - Non aux rapports de travail précaires

- Éducation publique et gratuite pour tous. Livres, Logement, restos U gratuits pour tous les étudiants. Augmentation du budget social pour les étudiants

- Rythmes d’études humains

Nous appelons :

- Tous les étudiants à participer aux manifestations de leur mouvement et s’opposer aussi effectivement contre la politique du gouvernement

- Tous les unions des étudiants à faire des AG et occupations pour développer la lutte contre les mesures du ministère de l’éducation

- Toutes les AG qui luttent contre cette politique à participer à la Coordination Nationale des Universités Occupées

- Tous les enseignants du collège et du lycée, ainsi que les élèves à rejoindre notre lutte

- Les professeurs d’université à étendre leur lutte et soutenir la notre

- Les syndicats des travailleurs à soutenir nos luttes

- À une journée des manifestations étudiantes, dans toutes les villes de la Grèce le jeudi 1 juin

COORDINATION NATIONALE DES ASSEMBLÉES GÉNÉRALES ET DES OCCUPATIONS DES UNIONS D’ÉTUDIANTS

Source


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