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Parents d’élèves sans-papiers : premiers entretiens pour régularisation lundi

AFP
dimanche 2 juillet 2006

Les milliers de familles sans-papiers ayant des enfants scolarisés, qui se sont faits connaître la semaine dernière aux autorités, seront fixés sur leur sort à partir de lundi, lorsque débuteront les premiers entretiens individuels pour une éventuelle régularisation.

Ces familles, vivant jusqu’alors dans l’ombre, s’étaient pressées en de longues files d’attente devant les préfectures pour obtenir un rendez-vous durant lequel elles sauront si leurs espoirs étaient fondés.

Néanmoins, le directeur de la police générale, Yannick Blanc, a expliqué samedi que "la grande majorité des gens qui se sont manifestés ces derniers jours sont déjà connus des services de police".

Il a également affirmé que le nombre total de régularisations n’avait pas été "décidé à l’avance".

Le principe d’une régularisation au "cas par cas" a été annoncé par le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy à la mi-juin, après une année de mobilisation multiple et massive en faveur du séjour légal en France des familles d’enfants scolarisés, à l’initiative notamment du Réseau éducation sans frontière (RESF) dont l’action a été souvent couronnée de succès.

Les rendez-vous fixés par les préfectures, uniques et individuels, doivent s’échelonner tout au long de l’été et peut-être jusqu’aux premiers jours de septembre, même si certains enfants auront déjà repris l’école.

La circulaire adressée aux préfets par Nicolas Sarkozy prévoit plusieurs critères, parmi lesquels la "scolarisation effective" depuis septembre 2005, la naissance ou l’arrivée des enfants avant l’âge de 13 ans en France mais aussi l’absence de lien entre l’enfant et le pays dont il a la nationalité ou la "réelle volonté d’intégration" des familles.

Nommé médiateur national dans ce dossier d’autant plus sensible qu’une nouvelle loi sur l’immigration durcissant les conditions d’accueil des étrangers sur le territoire français a été adoptée par le Parlement vendredi, l’avocat Arno Klarsfeld a estimé samedi que ces critères étaient "souples, larges et généreux", rappelant que "l’intérêt de l’enfant prime".

Dans certaines villes, les entretiens commenceront lundi. A Paris, il faudra attendre mardi pour les premiers de 1.900 rendez-vous déjà fixés à la préfecture de police. Dans la capitale, les familles ont jusqu’au 13 août pour être éligibles à un entretien.

A l’issue d’un "examen rapide" des dossiers et de cet entretien, la préfecture de police formulera "une réponse immédiate si elle est positive", a précisé M. Blanc. Dans ce cas, "les demandeurs repartiront avec un récépissé" de carte de séjour, a-t-il assuré.

Si la réponse est négative, les familles subiront la procédure habituelle au travers d’un arrêté de reconduite à la frontière, suivi d’éventuels recours.

Des dizaines de cérémonies de parrainages de familles et d’enfants sans-papiers ont encore eu lieu ce week-end, un peu partout en France, concluant une semaine de mobilisation des associations et partis de gauche de plus en plus tendue contre le gouvernement face à l’imminence des reconduites à la frontières avec les vacances scolaires.

Samedi, une manifestation a réuni des milliers de personnes - 7.200 selon la police, 50.000 selon les organisateurs - à Paris, à l’initiative du collectif "Uni(e)s contre une immigration jetable" et de RESF.

De nombreuses personnalités des partis politiques de gauche et d’extrême-gauche sont venues grossir les rangs des manifestants pour réclamer la régularisation générale de ces familles.

Selon les associations, quelque 4.000 familles sans-papiers d’enfants scolarisés attendent une régularisation.


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