AGI !

Assemblée Générale Interprofessionnelle n°1

mardi 3 février 2004

Le vendredi 23 janvier 2004 s’est réunie la première assemblée générale
interprofessionnelle à l’initiative du groupe Pénélope (qui réunit des enseignants syndiqués et non syndiqués toujours mobilisés contre les projets
libéraux du gouvernement).

Après une rapide exposition des raisons qui ont poussé les membres du
groupe Pénélope à la tenue de cette Ag, nous avons procédé à un tour de
table de présentation des 24 participants : en plus d’une majorité
d’enseignants du primaire mais aussi du supérieur, l’assemblée comptait une
assistante sociale exerçant au sein du conseil général, un retraité de la
Sncf, une neuro-psychologue exerçant en milieu hospitalier, un employé de
Carrefour, un agent d’entretien, une agent administratif exerçant dans le
privé, et un ingénieur exerçant également dans le privé. Certains sont
syndiqués d’autres ne le sont pas et tous ont fait part de leur intéret pour
cette initiative car tous ont noté le manque de réactions syndicales et
politiques aux mesures gouvernementales depuis la rentrée.
Une première prise de parole soulignait l’opacité du discours syndical en
ce moment, de l’apparente prise en compte de la "base" mais qui cachait en
fait un dirigisme, des consignes venues d’en haut.

Une autre intervention faisait état de la structure pyramidale des
organisations syndicales, du rôle de plus en plus important pris par le côté
bureaucratique de ces organisations, de la tentation des ces bureaucrates de
se battre pour garder leur place plus que sur les revendications, du rôle
important des finances publiques dans la vie des syndicats à travers les
subventions ou les rémunérations liées à telle ou telle commission.
L’intervenant soulignait la nécessité de faire table rase de ces relations
et de revenir à des finances basées sur les adhésions, seules garanties de
l’indépendance syndicale.

Une intervenante faisait part de son refus de se syndiquer en septembre
(alors qu’elle pensait le faire à la suite du mouvement du printemps) suite
à l’absence de mobilisation des syndicats depuis le rentrée. En terminant
par une question : Pourquoi ça ne redémarre pas ?

Le problème des salaires est important comme le signalait un intervenant :
pour les petits salaires, une journée de grève n’a pas le même poids pour un
smicar que pour un plus gros salaire. C’est un facteur important dans le
redémarrage de la lutte ajoutant que le rôle des enseignants est important :
s’ils bougent, les autres salariés bougeront plus volontiers.

Un enseignant interrogeait le retraité de la Sncf pour avoir des
éclaircissements sur le mouvement du printemps chez les cheminots : la base
demandait la grève générale que les cheminots identifiaient bien comme le
niveau à atteindre à l’image du blocage et du report des examens pour les
enseignants et qui n’a pas eu lieu. Puis il commentait la semaine présente,
avec ses suites de grèves dans les différents secteurs, comme un coup de
semonce qui peut être le prélude à quelquechose de plus global. Point de vue
contesté par un autre intervenant qui soulignait que cet "éparpillement"
montrait l’absence de volonté interpro. de cette semaine et l’absence du
boulot syndical de mise en cohérence des luttes sectorielles. Un goût de
déjà vu le printemps dernier en quelque sorte...

Pourtant il est un dossier qui permet la transversalité, c’est celui de la
réforme de la protection sociale dont on connait le calendrier et dont on
devine le contenu à travers le rapport de la commission qui vient d’être
publié. Pourtant, il n’y a aucune volonté de se préparer ensemble à la
lutte, par la mise en chantier de contacts intersyndicaux et interpro.

Un enseignant interrogeait ensuite les quelques personnes exerçant dans
le privé pour leur demander des infos sur la possibilité de syndicalisation
dans leur entreprise et comment le mouvement de mai-juin avait été perçu :
Pour un précaire, c’est simple, se syndiquer revient à risquer sa place.
Pour un cdi, il faut une "masse critique" pour élaborer une structure
syndicale. De toute façon, les mouvements sociaux ne sont pas perçus dans
l’entreprise tant qu’ils n’ont pas de répercution sur son fonctionnement : à
la limite une paralysie des transports pourrait créer un mouvement si elle
est maintenue pendant une semaine au moins. Il y a des actions ponctuelles
quand il y a menace sur la boîte, mais dans l’ensemble, il faut se faire
discret, cela témoigne de l’individualisme qui règne dans les entreprises.
La difficulté dans le monde ultralibéraliste de l’entreprise, c’est que
l’alternative est occultée.

Le syndicalisme, reprend un autre participant, est de plus en plus
corporatiste, il ne propose plus de projet de société.

Un intervenant rappelle que le syndicalisme, bien qu’imparfait et parfois
contestable dans ses positions est une idée à valoriser, qu’il reste le seul
espace légal qui autorise la possibilité de se rassembler, de s’informer et
de se défendre : c’est le dernier outil, après, plus rien...

C’est un désinvestissement global de la population dans la vie politique,
reprend un participant du privé, l’ultralibéralisme est présenté comme la
modernité et la lutte c’est ringard. Pour prendre le cas de l’attribution
des marchés publics, la réforme votée ces jours-ci revient à instaurer une
corruption généralisée, c’est une bombe à retardement.

La conclusion de tous est qu’il y a un très gros travail d’information et
de communication à faire pour lutter contre la présentation des alternatives
à la politique libérale dans les médias.

Une enseignante relève qu’à ce sujet, un des aspects capitaux du mouvement
du printemps fut sans doute ce travail d’info. auprès des parents d’élèves
et qu’il y avait eu des demandes de leur part pour d’autres informations.

Que peut-on imaginer en terme de communication ? se demande une
participante.

Comment toucher les non-syndiqués, les précaires, les chômeurs.

Quelle peut être la contribution de notre initiative à la lutte contre la
libéralisme, quelle est sa place par rapport aux syndicats ? Qu’est-ce qu’on
peut faire localement ?

Un intervenant dit qu’il n’est pas ici pour refaire Attac ou un forum
social : il n’y a pas de concurrence à faire à ces organisations, notre
initiative est une ag et en tant que telle, elle doit se réunir
régulièrement, discuter et informer mais aussi prendre des décisions
d’actions : elle devrait être une sorte de "comité de vigilance" capable de
se mobiliser rapidement pour intervenir partout où un problème se présente.

Il faut aussi que les syndiqués interviennent au sein de leur organisation
pour que cette nécessité de l’interpro. soit prise en compte par les
directions départementales.

Il faudrait être présents au prochain forum social local qui se tiendra le
4 février 2004. Il faut profiter de ce forum pour inviter d’autres salariés
d’autres secteurs à se joindre à notre initiative.

La proposition de rédiger une trace écrite de cette ag est faite sans que
la forme soit très précise : une sorte de manifeste (des rédacteurs se
proposent). Il pourrait être distribué au Fsl.

L’hypothèse de la disparition de Pénélope pour être remplacé par cette
nouvelle initiative est proposée : trop tôt pour certains, il faut garder
cette structure même provisoirement.

Tout le monde est d’accord pour prendre rendez-vous pour une autre Ag au
mois de février puis une fois par mois, peut-être en alternance avec les ag
Pénélope chez Mansour ?

On peut donc résumer les activités de ce "collectif" par :
-agir chacune et chacun dans son syndicat, son entreprise pour développer
la lutte interpro.
-être présents sur le terrain là où ça peut-être utile.
-être un lieu de débat où des questions essentielles touchant à la lutte
anti libérale peuvent être abordées.
-produire un écrit quelconque (papier, internet) qui soit le résultat de
ces réflexions.
-imaginer de nouveaux moyens de lutte.
-être présents dans les médias et les évenements (Fsl, manif., radio...)


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