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Les syndicats en ordre dispersé

vendredi 7 mai 2004 par Alain

La Tribune - édition du 04/05/2004
L’unité syndicale sur la réforme de l’assurance-maladie aura fait long feu.
La Mutualité française, la CFDT, la CFTC et l’Unsa ont demandé hier, dans un
communiqué commun, "l’ouverture rapide de négociations avec le gouvernement"
sur la réforme de la Sécu, associant "l’ensemble des acteurs concernés".

La CGT, qui a quitté prématurément la réunion, a refusé de s’associer à
l’appel. De leur côté, FO et la CGC n’étaient pas présentes à la réunion, la
première réclamant au gouvernement "une consultation des partenaires", alors
que la centrale des cadres entend "garder toute marge de manoeuvre" par
rapport aux annonces que fera le gouvernement.

Répartition des rôles. La CGT a déjà, à plusieurs reprises, appelé de ses
voeux l’ouverture de négociations sur la Sécu avec le gouvernement. "Le
problème aujourd’hui est de clarifier le processus" de la réforme, explique
Daniel Prada, secrétaire confédéral CGT chargé de la protection sociale. En
clair, esquisser quelle sera la répartition des rôles entre l’Etat,
l’assurance-maladie, les mutuelles et les assurances privées. Les points de
vues divergent entre centrales syndicales. Alors que la CGT souhaite un
renforcement du régime obligatoire de la Sécu, Daniel Prada a constaté hier
que "certains veulent passer à autre chose", soulignant "un rapprochement
fort entre la CFDT et la FNMF [Mutualité française]".

Tirant les conséquences de cette divergence de fond, la CGT veut initier une
mobilisation début juin sur l’assurance-maladie. La réforme des retraites a
plus que laissé des traces dans le camp syndical : les plaies sont toujours
ouvertes. Ainsi, le travail entrepris en commun avec la Mutualité française
depuis six mois n’a jamais eu pour objectif de rédiger un texte commun avec
des propositions de réformes. Les syndicats étaient restés prudents dans
leur démarche commune, tentant de rapprocher les points de vues. Il semble
qu’ils ont échoué et le moins que l’on puisse dire est que la confiance
entre organisations syndicales, en particulier entre la CGT et la CFDT,
n’est pas retrouvée. Pour Gaby Bonnand, secrétaire national de la CFDT, "la
CGT a pris la responsabilité de rompre" l’unité syndicale. Ce que réfute la
CGT. Il n’est pas sûr que ces divisions syndicales servent l’intérêt du
gouvernement. Après l’expérience du dossier des retraites, Jean-Pierre
Raffarin attend de son ministre de la Santé qu’il dégage le consensus le
plus large avec l’ensemble des partenaires sociaux sur la réforme de
l’assurance-maladie. L’affaire semble mal engagée.

C. D.


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