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vendredi 20 octobre 2006, 17h29

Restauration : la décision du Conseil d’Etat relance le débat sur les 35 heures

AFP
dimanche 22 octobre 2006

PARIS (AP) - La décision du Conseil d’Etat imposant les 35 heures dans la restauration continue de faire des vagues et relance le débat politique sur la réduction du temps de travail, sur fond de passe d’armes entre la présidente du MEDEF Laurence Parisot et le ministre de l’Economie Thierry Breton.

Après les organisations patronales, la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP) s’est "alarmée" vendredi des conséquences de la décision du Conseil d’Etat, estimant qu’elle crée une "insécurité juridique majeure pour les entreprises de ce secteur, spécialement pour les plus petites (...) qui doivent faire face à la confusion la plus totale sur les règles désormais applicables".

Mais surtout, c’est la présidente du MEDEF, Laurence Parisot, qui, piquée au vif par une remarque du ministre de l’Economie Thierry Breton, l’a mis au défi d’abroger purement et simplement les 35 heures en général.

Jeudi, M. Breton avait déploré l’absence de réaction du MEDEF sur le projet du Parti socialiste pour l’élection présidentielle, estimant que les entreprises n’étaient "pas bien représentées". De plus, le PS s’était félicité mercredi de la décision du Conseil d’Etat. "Qu’attend le gouvernement, y compris M. Breton" pour "déposer un projet de loi pour abroger" les 35 heures, a lancé la présidente du MEDEF vendredi sur RTL.

"Il est tout à fait regrettable qu’on n’ait pas d’emblée abordé ce sujet dès le début de la législature. On voit bien que ça nous coûte cher en croissance et en emploi", a-t-elle ajouté. Un peu plus tard sur Europe-1, le ministre s’est réjoui de la demande de Mme Parisot, estimant notamment qu’il s’agissait d’"un pas en avant", et qualifiant les 35 heures de "drame pour le pays".

Pour le secteur de la restauration, dans les coulisses, les députés de la majorité s’activent déjà pour que la décision du Conseil d’Etat n’ait pas de conséquence.

Les députés UMP ont ainsi déposé un amendement visant à valider le décret annulé mercredi par le Conseil d’Etat, qui maintenait les 39 heures dans les hôtels, cafés et restaurants en échange d’une sixième semaine de congés payés et de deux jours fériés supplémentaires, a annoncé jeudi soir Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale.

Le groupe a "décidé de déposer un amendement de validation législative de l’accord qui a été annulé par le Conseil d’Etat, de façon à ce qu’il reste une règle du jeu et que les entreprises qui sont souvent fragiles dans ce secteur très concurrentiel et (...) les salariés qui pourraient dans certains cas être lésés par cette nouvelle situation ne le soient pas", a-t-il précisé sur France-Info.

"Cet amendement est déposé sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui est actuellement en examen en commission à l’Assemblée nationale", a précisé le patron des députés UMP. "Ceci (...) n’empêche pas du tout, comme le souhaite le gouvernement, que simultanément les négociations se poursuivent entre les partenaires sociaux pour trouver un autre accord s’il le faut".

"Il serait inconcevable que le patronat du secteur de la restauration cherche à contourner, à ne pas appliquer une décision du Conseil d’Etat", a réagi vendredi à l’Associated Press Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral de la CGT.

Quand à un amendement ou une proposition de loi visant à mettre à mal les 35 heures, M. Le Duigou estime, contrairement à Bernard Accoyer, que ce "serait un très mauvais message donné pour le développement de la négociation sociale".


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