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Débrayages et manifestations en France et en Allemagne contre la restructuration d’Airbus

Le monde du 28 février 2007
mercredi 28 février 2007 par AL

Source : LE MONDE

Juste après l’annonce détaillée du plan de restructuration "Power 8" devant le comité européen d’Airbus, mercredi 28 février, les ouvriers de trois usines de l’avionneur en Allemagne (Varel, Nordenham et Laupheim) ont cessé le travail et sont rentrés chez eux, a annoncé le syndicat IG Metall, précisant qu’ils ne devraient reprendre leurs postes que vendredi. Ils devraient être rejoints à partir de jeudi matin par les salariés du site de Hambourg.

En France, des débrayages spontanés et des manifestations ont eu lieu sur plusieurs sites du groupe. Environ 1 800 salariés ont cessé le travail à Saint-Nazaire sur les deux sites Airbus, un "débrayage d’information" des syndicats, qui ont qualifié d’"inacceptable" le plan "Power 8". Sur le site Airbus de Nantes, 1 200 employés ont aussi cessé le travail pendant une heure, par solidarité. Près de Toulouse, enfin, plus de mille salariés ont participé à des rassemblements devant deux usines de l’avionneur. Cinq cents cadres se sont regroupés devant le bâtiment où se tenait le comité central d’entreprise et le comité d’établissement. Une série d’actions ont également été menées sur le site de Méaulte, qui sera externalisé.

"SI ON LAISSE FAIRE ’POWER 8’, C’EST LA RUINE D’AIRBUS"

La France sera le pays le plus touché en termes d’emplois, avec 4 300 suppressions de poste, contre 3 700 en Allemagne, a relevé Jean-François Knepper, délégué central FO, syndicat majoritaire à Airbus, et vice-président du comité de groupe européen.

Les usines de Méaulte, dans la Somme, de Nordenham, en Allemagne, et de Filton en Grande-Bretagne, "seront cédées à des partenaires [industriels] à risque", a estimé Xavier Petrachi, délégué syndical central CGT."On est très en colère", a déclaré Julien Talavan, délégué FO. "C’est grave, c’est injuste. La France ne sait pas protéger ses industries", a-t-il ajouté, regrettant notamment la décision d’Airbus d’augmenter la charge de travail sur le site de Hambourg, au nord-ouest de l’Allemagne, aux dépens de Toulouse."Il faut que la mobilisation enfle. Si on laisse faire ’Power 8’, c’est la ruine d’Airbus", a déclaré Xavier Petrachi, promettant qu’il "y aura des actions spontanées comme à Méaulte et d’autres non spontanées". Sur ce site, où travaillent 1 300 personnes, une grève a eu lieu mardi en réaction à la menace d’externalisation.

"UN ÉNORME GÂCHIS INDUSTRIEL, TECHNOLOGIQUE ET HUMAIN"

L’Unsa a demandé un "débat national" sur le dossier Airbus, qui pose, selon le syndicat, la question de la "politique industrielle" de la France et de l’Europe. Et réclame "une prise de responsabilité publique [de l’Etat] pour accroître sa présence capitalistique dans Airbus afin d’assurer la pérennité de l’entreprise".

Bernard Thibault a dénoncé de son côté "un énorme gâchis industriel, technologique et humain". Pour le secrétaire général de la CGT, "l’unique motivation du plan est l’exigence d’un plus grand taux de rentabilité financière pour les actionnaires". Airbus est "un groupe aéronautique de premier plan dont le carnet de commandes est rempli pour plus de six années, qui fait des bénéfices dans un domaine de haute technologie, a-t-il fustigé. La bataille syndicale ne peut pas se cantonner à rendre le scandale socialement supportable. Elle ne peut pas non plus se contenter d’opposer les salariés allemands, français, anglais et espagnols".


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