AGI !

C’est un scandale, les stock-options !

« Le Canard enchaîné » - mercredi 21 novembre 2007
dimanche 2 décembre 2007

Même notre omniprésident Sarkozy l’a dit :

« Je n’aime pas l’idée de stock-options réservées à un petit groupe de
cadres dirigeants. Je suis très tenté par l’idée de plans de
stock-options pour tous ou pour personne. »

C’était pendant la campagne électorale.

Il n’avait alors pas eu de mots assez durs contre ces pédégés qui
s’enrichissent pendant que leurs salariés tirent la langue.
2% des effectifs des entreprises qui se gavent, et 98 % qui en bavent…
S’il était élu, on allait voir ce qu’on allait voir !

Début septembre, Philippe Séguin présentant le retentissant rapport de
la Cour des comptes en rajoutait une couche :
les stock-options, c’est un grrrand scandale ! Elles constituent « un
revenu lié au travail, donc normalement taxable ».
Or elles sont à peine taxées par l’Etat. Et c’est plus de 3 milliards
d’euros par an, a calculé Séguin, dont on prive ainsi la Sécurité
sociale.

Il fallait faire quelque chose. Le Président l’a promis, les Français
l’ont élu.

Il faut donc, ritournelle qu’on nous ressert tous les jours, appliquer
son programme sans discutailler, un point c’est tout !

Or, comme c’est curieux, ça s’est mis à beaucoup discutailler.
Le Medef, notamment, par la voix de Laurence Parisot, a exprimé son
hostilité à toute réforme en la matière.

Et, à force de lobbying, a réussi son coup.

D’abord en faisant en sorte que la *seule mesure prise consiste en une
taxation très timide *(elle ne rapportera que 250 millions d’euros par
an) .

Un double mécanisme de taxation est en effet prévu : 2,5 % payables
par l’entreprise au moment de l’attribution des stock-options,
et 2,5 % payables par l’heureux bénéficiaire sur sa plus-value.
On imagine les souffrances de Noël Forgeard, le génial pédégé d’EADS,
si ses 3,5 millions d’euros avaient été taxés à 2,5 %…

Mais cette taxe infinitésimale, *le Medef a réussi à faire en sorte
que le Sénat en repousse le prélèvement * : les pédégés ne *seront pas taxés avant le 16 octobre 2011*. Encore quatre ans sans lâcher un euro, bravo !
Et *même pas un jour de grève pour obtenir ces jolis cadeaux*.

Si toutes les promesses de Sarkozy suivaient le même chemin…
Mais on sait bien que non :

- Quand il s’agit de raboter les régimes spéciaux des salariés d’EDF, de
la SNCF, et de la RATP, faut faire vite.

- Quand l’omniprésident s’augmente de 170 %, faut faire vite.

- Quand il décide de dépénaliser le droit des affaires afin de laisser
les pédégés indélicats de s’en mettre jusque-là youkaïda, faut faire
vite (et personne ne fait remarquer que cette mesure réclamée depuis
des lustres par le Medef ne figurait pas dans son programme).

- Quand il offre aux riches un bouclier fiscal qui coûtera 15 milliards
par an, faut faire vite.

- Mais quand il s’agit de raboter les régimes spéciaux des députés (voir
p. 2) ou, par exemple, de créer un bouclier sanitaire qui fasse en
sorte que les plus démunis voient leurs dépenses de santé plafonnées,
alors là, rendez-vous à la saint-glinglin.

C’est ça, la fameuse « équité » sarkozyste. Et c’est tellement mieux
que l’égalité !

Jean-Luc Porquet


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