AGI !

Energie : la libéralisation pourrait se traduire par une hausse des prix

© AFP. 28/06 15:28
lundi 28 juin 2004

La libéralisation accrue du marché français de l’énergie au 1er juillet pourrait se traduire par une hausse des prix de l’électricité et du gaz pour les clients pouvant faire jouer la concurrence, selon des experts du secteur.

Cette augmentation des prix à prévoir peut s’expliquer par les besoins d’investissements croissants induits par l’ouverture du marché plus que par la libéralisation elle-même, jugent-ils.

Les consommateurs doivent s’attendre à voir leur facture changer de nature, dit Jean-Marie Chevalier, professeur à l’Université de Paris IX Dauphine et directeur du Centre de géopolitique de l’Energie et des Matières premières.

Alors qu’auparavant le prix était fixé dans une situation de monopole, "il s’établit aujourd’hui de façon libre via les marchés de gros. Cette évolution marque un transfert de la gestion du risque de prix du producteur vers le consommateur", argumente-t-il.

Les prix de l’électricité pour les entreprises des pays industrialisés ont nettement augmenté cette année avec la déréglementation du secteur, indique une étude de l’Observatoire international des coûts énergétiques, Nus Consulting.

La tendance de fond relevée est "concomittante des processus de libéralisation" et les augmentations de coûts montrent que les marchés libéralisés se caractérisent par une "certaine volatilité", selon le rapport de l’institut.

Prenant en exemple le cas de l’Allemagne, l’un des premiers marchés ouverts à 100%, Nus Consulting souligne que les prix ont accusé une hausse pour la quatrième année consécutive, avec 9,3% d’augmentation en 2004.

"On craint aujourd’hui une envolée des prix mais il faut aussi prendre en compte que la France a longtemps bénéficié de prix plus bas qu’ailleurs : ils avaient baissé de 14% entre 1994 et 2000 (sur le marché régulé, NDLR), EDF s’étant engagé à l’époque à faire évoluer ses prix moins vite que l’inflation", rappelle-t-il.

Après le début de l’ouverture du marché français à la concurrence en 1999, les prix sur le marché dérégulé avaient également baissé de l’ordre de 10% à 20%.

Selon M. Chevalier, le prix de l’énergie va être amené, dans les années à venir, à croître du fait de l’augmentation des charges de service public et de la réduction des émissions de CO2.

"Si les avantages de la libéralisation ne permettent pas de couvrir les augmentations de prix, induites par de nouveaux besoins comme le développement des énergies renouvelables, il est nécessaire d’informer le consommateur sur ce fait, de sorte qu’il n’assimile pas hausse des prix et libéralisation", souligne Jean-Marie Chevalier.

Le président d’EDF François Roussely juge pour sa part que le prix de l’énergie va augmenter pour des raisons "qui n’ont rien à voir avec l’ouverture accrue des marchés".

Selon lui, "on est dans une industrie cyclique dont les besoins d’investissements vont augmenter".

"A environ 31 euros le mégawatt/heure, soit le niveau actuel, personne n’ira sur le marché car il n’amortira pas son investissement", avance-t-il, estimant que le prix adéquat sur le marché de gros de l’électricité doit tourner autour de 35 euros le mégawatt/heure.

Le président d’EDF met également en avant le coût des missions de service public.

Mais selon François Roussely, une fois les investissements achevés, "on arrivera à un prix plafond, et là les prix pourront à nouveau baisser"

l’article


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 955 / 74587

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Réagir !   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.16 + AHUNTSIC

Creative Commons License