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LIBERATION, Samedi 14 août 2004, par Tonino SERAFINI

Le gouvernement rogne la médecine du travail

Selon un décret discret, la visite médicale n’est plus obligatoire que tous les deux ans.
mardi 17 août 2004

En plein chassé-croisé juilletistes-aoûtiens, le gouvernement Raffarin a pris un décret qui modifie de façon substantielle le fonctionnement de la médecine du travail. Publié au Journal officiel le 30 juillet, le texte rallonge la périodicité de la visite médicale obligatoire : fini la visite annuelle. Désormais ,ce sera une fois tous les deux ans.

La CGT parle d’un « tour de force ». FO dénonce une « absurdité ». Les cadres de la CFE-CGC évoquent une « fuite en catimini ». Le PS prend le relais pour dénoncer « une mesure scandaleuse ». En plein chassé-croisé juilletistes-aoûtiens, le gouvernement Raffarin a pris un décret qui modifie de façon substantielle le fonctionnement de la médecine du travail. Publié au Journal officiel le 30 juillet, le texte rallonge la périodicité de la visite médicale obligatoire : fini la visite annuelle. Désormais ,ce sera une fois tous les deux ans. Le décret accroît aussi fortement la charge de travail des médecins : chacun sera désormais chargé du suivi de 450 entreprises et de 3 300 salariés.

Vendredi, la CGT a rappelé que dans le passé tous les syndicats ont dit leur hostilité à ces mesures. « A l’état de projet, ce décret avait unanimement été rejeté par les confédérations de salariés », rappelle la centrale ouvrière. Tous les syndicats « avaient quitté, ensemble, la réunion du Conseil supérieur de prévention des risques professionnels, le 5 décembre 2003, indignés de la dégradation programmée de la qualité de la médecine du travail » ainsi programmée. Et de dénoncer une mesure prise « sous la pression des organisations patronales ». Une analyse que partagent, fait plutôt rare, les cadres de la CFE-CGC. « Tout ce que le Medef a demandé est dans le nouveau texte », affirme leur communiqué. Selon ce syndicat, « les médecins du travail vont être étouffés sous l’augmentation de leur charge de travail ».

De son côté, la fédération FO chimie considère que cette nouvelle mesure « frise l’irresponsabilité et va totalement à contre sens de ses grandes déclarations médiatiques sur la prévention ». Pour Marie-Noëlle Lienemann, secrétaire nationale du PS aux entreprises, le nouveau décret « constitue un recul social puisque la santé des salariés va en pâtir ». Pour l’ancienne ministre du gouvernement Jospin, cette mesure, qui vise à « faire des économies en diminuant le nombre de poste de médecins du travail », va en fait « creuser le trou de la Sécu puisqu’il y aura moins de prévention."


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