AGI !

compte rendu de la deuxième A. G. interprofessionnelle du 20 février 2004

mercredi 25 février 2004

Le vendredi 20 février 2004, la deuxième Assemblée Générale Interprofessionnelle à l’initiative du groupe Pénélope s’est tenue à la maison des syndicats.
23 personnes étaient présentes, ce qui est loin d’être négligeable sachant que nous étions en période de vacances scolaires. Plusieurs étaient d’ailleurs excusées, deux autres avaient souhaité nous rejoindre mais n’ont pas été informées à temps. (Pour rappel, nous étions 24 présents le 23 janvier 2004.)

En dépit de notre volonté d’élargir nos A.G. à tous les secteurs professionnels, cette assemblée était constituée principalement d’enseignants, mais aussi d’une psychologue exerçant en milieu hospitalier, d’un retraité SNCF, d’un employé de Carrefour, d’un agent d’entretien, d’un directeur d’une école associative de musique et d’un géologue à la retraite. Deux des nouveaux venus ont déclaré avoir eu l’information par tract le jour du Forum Social Local.

Thèmes abordés au cours de la soirée :

1) PÉNÉLOPE est morte, vive AGI ! :
(logo téléchargeable ci-dessous)

A l’issue de l’Assemblée générale du 23 janvier, Jean-Luc nous présente le forum collaboratif internet qui devrait se substituer prochainement à PÉNÉLOPE. La maquette élaborée par Pascal B, présent le 23 janvier, est accessible à http://agi.ouvaton.org
Le choix s’est tourné vers ce type de site parce que sa conception permet à chacun de réagir aux articles qui y sont publiés, d’y contribuer directement et également d’y écrire des brèves.
D’autre part, PÉNÉLOPE, qui était un groupe de diffusion s’adressant uniquement aux agents de l’Education Nationale et principalement à des enseignants, n’était pas adaptée à notre objectif d’élargissement interprofessionnel et ne reflète plus le profil de nos A.G..
Il a fallu aussi arrêter définitivement un nom pour notre groupe : le choix s’est porté pour AGI ! (Assemblée Générale Interprofessionnelle, “ !” pour Continuer !)
Un participant, tout en réagissant positivement à cette nouvelle, émet quelques réserves par rapport à Internet : cette technologie n’est pas à la portée de tous et ne doit pas rester le seul moyen de communication entre nous : il faut aussi diffuser les informations importantes par courrier ou tract. Il soutient qu’il est important de nous faire connaître par tous les moyens.
Un autre souligne qu’Internet permet à ceux qui le désirent de s’informer rapidement. C’est un outil pertinent pour la promotion de notre initiative et qui peut, de surcroît, favoriser les contacts avec d’autres organisations similaires.
Enfin, un troisième rappelle qu’il ne faut pas oublier d’agir, au-delà de tirer et de publier des constats. Il insiste pour que nos tracts et compte-rendus soient diffusés plus largement en dehors de notre groupe, auprès des différents syndicats, au public... en profitant des marchés, des manifestations locales ...

2) Précarisation en marche

Les salariés, comme les chômeurs et les précaires, ont de nombreux intérêts communs à défendre face à l’intransigeance du gouvernement et il est important de trouver rapidement les moyens de fédérer.
Dans ce sens, informer sur la précarisation serait un axe important et transversal à ne pas négliger pour impulser la lutte.
Dans les entreprises privées, les nouveaux contrats de mission illustrent bien l’orientation générale du patronat soutenu par le MEDEF et le gouvernement, et leur intention de précariser tous les salariés pour en faire des intermittents du travail.
Par cette mesure, nous subissons véritablement l’attaque en règles de tous les droits du travail. On peut la rapprocher du processus de précarisation de certaines catégories de fonctionnaires suite aux décentralisations dans l’Education Nationale par exemple, et à la privatisations d’entreprises publiques.
Certains s’interrogent : Comment est-il possible que l’on puisse créer des contrats de droit privé dans des entreprises publiques ?
Les titulaires de la fonction publique, les enseignants en particulier, n’oublient-ils pas qu’il existe de nombreux vacataires et contractuels dans leurs établissements ?
Dans la fonction publique de la santé aussi, ceux-ci sont nombreux à travailler sans aucune perspective de carrière et sans cotiser pour leur retraite. Pour eux aussi, notre lutte est cruciale ...
Il y a vingt ans, chez les personnels TOSS de L’Education Nationale, il y avait 5% de précaires. Aujourd’hui, 25%...

3) Grève du 12 mars

Début février, nous avons vu s’égrèner plusieurs mouvements de grève : EDF, SNCF, Radio France, Air France ...
L’éducation nationale, à son tour annonce une grève unitaire intersyndicale le 12 mars, suivie d’une journée à l’appel de la FSU, le 14 mars. De plus, nous apprenons que la SNCF prévoit une journée d’action le 16 mars à Paris. Nous craignons que cela ne provoque un émiettement des forces.

a) un dilemne

L’un d’entre nous, fermement opposé à cette grève du 12 mars, la considère comme une grève "piège", ni à faire (non démocratique, corporatiste, sans perspective de reconduction, sans appel à des AG interpro, sans concertation ni recherche d’accord sur des actions communes avec les autres secteurs de travailleurs ou chômeurs, sans dynamique ni revendication claire en rapport avec la gravité des attaques du pouvoir), ni à ne pas faire (un faible nombre de gréviste serait interprété comme une victoire pour le gouvernement). Il la considère comme démobilisatrice et il doute que les grévistes de mai-juin soient prêts à repartir sur des actions de ce type. Il suggère que les syndicats s’unissent autour d’une plateforme commune et lancent un mot d’ordre interprofessionnel et reconductible pour une date commune. Il suggère que chacun influe dans ce sens sur son propre syndicat.

Mais la majorité de l’assistance, bien que peu enthousiaste, rappelle que cette grève est la première occasion donnée aux enseignants d’exprimer leur mécontentement depuis la rentrée. Ne pas la faire reviendrait à donner l’occasion au gouvernement de dire que tout est mort.
Relayée par les camarades non-enseignants, l’idée soutenue est qu’au contraire, le 12 mars devrait marquer le début d’une lutte sans merci, que le gouvernement ne cédera que si nous réussissons à nous unir entre salariés pour construire des actions plus dures qu’au printemps dernier, que les semaines précédant cette grève doivent être mises à profit pour agir auprès de nos syndicats respectifs et impulser, ce jour là, une AG intersyndicale et pourquoi pas interprofessionnelle, provoquant ainsi l’élargissement aux autres secteurs.
Pour beaucoup d’enseignants, c’est un peu le rendez-vous de la dernière chance ... des ébauches se dessinent : l’une propose de rédiger une adresse aux parents (parce qu’ils sont directement concernés par les mesures incluses dans la plateforme du 12 mars), une autre envisage de recevoir les élèves tout en profitant de la journée pour faire une action d’informative auprès de ses parents d’élèves. Mais dans les deux cas, se pose la question de la diffusion de l’information syndicale sur le lieu de travail.

b) Suite à ce débat animé, nous optons pour mettre tous les atouts de notre côté et profiter de cette journée pour :

- Mettre en évidence les parallèles entre les secteurs et dire qu’on ne peut pas y aller isolément,
- Peser sur les décisions de nos syndicats pour qu’ils proposent des actions fortes,
- Insuffler une A.G. intersyndicale ce jour-là, à l’initiative d’AGI !.
- Faire connaître notre groupe et ses objectifs auprès des syndiqués et des non syndiqués.
- Dans le cadre de l’élargissement de la grève du 12, le thème de la précarité nous semble transversal et pourrait être la plateforme commune propre à regrouper toutes les catégories de la population en âge de travailler.

Etant donné la nécessité incontournable de créer un rapport de force à l’intérieur de nos syndicats pour que les actions convergent, nous décidons de rédiger un tract à diffuser le jour de la grève. Un comité de rédaction est créé pour l’occasion (Marianne, Alain, Jean-Luc, Yvan et Bernard) et se réunit le mercredi 25 février. Comme pour le premier tract, le recto fera une présentation de notre groupe et de nos objectifs, mais le verso portera sur la précarité.

Ensuite, nous avons constitué une caisse qui nous permettra de financer l’hébergement du site chez Ouvaton (10 € par an) et de payer l’affranchissement du courrier. L’un d’entre nous suggère de verser 5 € chacun et de confier la somme à un trésorier. Une somme de 95 € a été réunie ce jour.

Avant que nous ne levions la séance, un participant suggère que nous prévoyions de définir quelques grands axes de discussion afin d’éviter des dispersements éventuels au cours la réunion suivante.

La prochaine Assemblée Générale d’AGI ! est fixée le vendredi 19 mars à 20 heures, Salle Commune de la Maison des Syndicats.


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