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Le Canard enchaîné

Les moulinets du patron ne font plus rire les patrons

15 septembre 2004
mercredi 15 septembre 2004 par AL

"Avec Thibault, Chérèque et Mailly, nous avons affaire à une nouvelle génération d’interlocuteurs intelligents qui sont prêts à passer des compromis. Laisser passer cette opportunité historique serait irresponsable."

Jean-Martin Foltz, pédégé du groupe PSA, vient de balancer un joli pavé dans le jardin du baron Seillière. interviewé par le mensuel "Capital" dans son numéro de septembre, il se dit "clairement" opposé à un assouplissement de la législation sur les 35 heures. Ceci peut expliquer cela : nombre de patrons ont fait un triomphe à Foltz, voilà trois semaines, à l’université d’été du Medef.

La sortie de Foltz n’a rien d’improvisé. depuis des mois, certains dirigeants du groupes Peugeot déclarent carrément ne plus comprendre la ligne du baron Seillière. Et si les statuts du syndicat des patrons le permettaient, ils n’adhéreraient qu’à l’UIMM (union des industries métallurgiques et minières) et cesseraient de verser leur cotisation au Medef. La grève du porte-monnaie.

Ils ne sont pas les seuls : Siemens France (11000 salariés) et quelques-uns des grands patrons des Yvelines, l’un des départements les plus riches de France, ne cherchent plus à masquer leurs divergences avec le Medef. "Notre culture d’entreprise nous a toujours fait privilégier les relations constructives avec les syndicats plutôt que les conflits", répète sans cesse un cadre de Siemens France.

Un ancien responsable du syndicat des patrons, leader mondial dans sa branche, résume ainsi ses griefs à l’encontre d’Ernest-Antoine : "Il se comporte en bateleur pour flatter la foule des patrons de PME. On attend du représentant des entreprises de France une attitude plus civique"
Une autre figure du Medef peste aussi contre les coups de gueule du baron : "Pendant des années nous avons critiqué les gouvernements qui nous imposaient leurs lois, mais notre seul discours vise aujourd’hui à leur demander des lois"
Les mêmes dissidents estiment qu’il faudrait au contraire, tendre la main aux syndicats, au lieu de tout attendre de l’état. "Avec Thibault, Chérèque et Mailly, nous avons affaire à une nouvelle génération d’interlocuteurs intelligents qui sont prêts à passer des compromis. Laisser passer cette opportunité historique serait irresponsable." lâche au "Canard" l’un des penseurs du clan anti-Seillière.

Cette jacquerie commence à faire jaser à l’extérieur du Medef. Au cours de réunions paritaires, au début de l’été, plusieurs représentants officiels du patronat ont confié à leurs interlocuteurs syndicaux les craintes que leur inspire la morgue du baron. On résume : la France n’est pas à l’abri de mouvements sociaux lourds, et chaque fois que Seillière ouvre la bouche, il jette un peu d’huile sur le feu.


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